José est le mari de Monique. Monique est la femme de José.
José s’occupe du petit cinéma de mon village. A vrai dire, une salle des fêtes ponctuellement baptisée cinéma le vendredi soir. Il y a mon village et le reste du monde. Quand une météorite tombe dans l’océan du reste du monde, il faut bien quelques mois pour que la réplique n’atteigne mon village. Donc, hier soir j’ai vu Melancholia, sorti il y a huit mois dans le reste du monde.Comme je quittais la salle, encore bouleversé par le dénouement, je tombai sur Monique, en train de lire sur une chaise inconfortable.
- Vous ne regardez jamais les films ?
- Non, je préfère lire en attendant José.
Monique pourrait voir tous les derniers films – et que les bons, les autres n’atteignant jamais la frontière de mon village. Mais elle préfère lire.
Et en sortant, encore plein de la déflagration finale de Melancholia, je j’ai trouvée incomparablement belle, Monique, dans la pleine gloire de ses quatre-vingts ans, courbée vers son livre, parfaitement imperméable aux déflagrations de toutes sortes, mollement tendue vers les amours impossibles de son Harlequin.

7 commentaires penchés:
Je m'interroge sur la réciprocité du mariage, si José est le mari de Monique, se peut-il que Monique ne soit pas femme ? ; j'imagine qu'il faut voir là qu'ils sont bien ensemble.
Alors oui j'ai vu Melancholia (hélas) et il était jusque là pour moi synonyme d'asphyxie (je fus nostalgique du temps où Lars von Trier brisait les vagues), ceci dit votre billet est magnifique et j'y vois un signe que par ricochet l'avenir n'est finalement jamais bouché; quand j'entendrai à nouveau ce titre, la suffocation ne me prendra plus puisque le détachement tranquille de la belle Monique sera comme un phare dans la nuit. Mais puisque vous parlez déflagration suite à la vue d'un film en A vu en retard dans un endroit perdu du monde, je dirais pour ma part Donoma. Je le souhaite à votre bien sympathique cinéma.
Cette histoire de cinéma du bout du monde où les films arrivent en bout de course (je n'ai pas dit à bout de souffle car ils ne semblent pas se presser) appelle la nostalgia des cinémas d'autrefois...
Bien beau billet !
Un film qui ne laisse visiblement pas muet, ce qui m'intrigue d'autant plus...
Nous étions 4 dans la salle. Deux sont partis en cours de projection. Restait une dame, visiblement émue à la sortie, et moi. Acila, j'ai honte de le dire mais c'est mon 1° film de Von Trier...que me conseillez-vous? Je suis allé voir la bande-annonce de Donoma sur le net. Ca a l'air bien... à l'occasion, j'en parle à José!
Sol : il faut voir Melancholia, mais sur un grand écran. Vous pouvez même arriver 20 minutes en retard, c'est pas très grave. Mais le reste est sublime.
Belle écriture, simple et profonde. Ton message me rappelle ce que j'ai vécu à Saint-Martin, lorsque j'étais professeur insulaire au coeur des Caraïbes. Il y avait dans un quartier rasta (Sandy Ground), une M.J.C délabrée qui passait toutes les nouveautées américaines. Donc, je voyais des films trois mois avant qu'ils ne sortent en métropole. Ils étaient doublés par des acteurs québéquois, ce qui accentuait l'exotisme de la chose. Nous adorions aller dans cette salle car toute la partie française de l'île s'y retrouvait. Prendre le billet durait des heures. Dans la chaleur de la nuit et le sifflement aigu des grenouilles Kikou, chacun s'interpelait dans toutes les langues que compte la terre. Parfois, nous restions coincés sous les gros moteurs des climatiseurs monoblocs et tentions d'éviter les gouttes d'eau qui en tombaient. Mes deux enfants, retrouvaient toujours des amis de l'école et partaient s'amuser sur un parkind défoncé et recouvert de sable. Il y avait toujours une mémé créole pour les surveiller. Elle était assise sur une vieille chaise de camping dont le tissus semblait identique à celui de sa robe madras. Tout le monde l'appelait madame chaise, comme tout le monde appelait la vendeuse de sorbets, madame coco....
Olivier, j'ai toujours su que tu avais quelque chose de Jack Sparrow. Et j'invite ceux qui lisent ces messages à visiter ton blog et tes anecdotes sur les élèves accompagnées de croquis magnifiques : http://freresmario.blogspot.com/
Merci pour tes billets, ce sont à chaque fois de purs moments d'évasion pu de réflexion.
Merci pour l'adresse du blog de Frères Mario, c'est la belle découverte du jour :-)
Merci Z.!!!
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