Je ne lis que très rarement des romans policiers. Le premier argument qui me vient est que je n'aime pas les meurtres dans la vraie vie. J'ai lu un ou deux San Antonio, un Fred Vargas, deux Camilieri : bons moments de lecture pour certains mais il ne m'en reste rien. Je m'embrouille dans Agatha Christie. Le foisonnement des personnages et les patronymes anglais font que je les confonds tous plus ou moins. J'ai aussi beaucoup de mal à lire des oeuvres d'anticipation et encore moins de science-fiction pour les mêmes raisons : je n'y crois pas. Manque d'imagination, incapacité à me projeter dans un autre monde avec d'autres règles, impossibilité de m'identifier à un extra-terrestre ou à un apprenti magicien? Au risque de faire bondir les fanatiques de ce type de littérature, je n'ai pu finir ni Dune ni le Seigneur des Anneaux ni même Harry Potter...
Pareillement, j'ai été incapable de terminer certains romans qui ont été le succès d'une saison : le fameux Monde de Sophie qui a plus brouillé ma vision de la philosophie qu'il ne l'a éclairée et le style roman de gare du célèbre Da Vinci code m'a empêché d'aller au-delà de la trentième page. Sans doute les traductions y sont-elles pour quelque chose mais de tels succès bénéficient d'une démarche éditoriale trop bien orchestrée pour être honnête. Les goûts du public sont largement orientés par les stratégies éditoriales. Beaucoup trop de bons livres souffrent de tirages confidentiels pour que le contraire ne soit pas vrai.
Pareil pour Amélie Nothomb. Je tiens l'Hygiène de l'assassin pour un très bon livre, de même que les Combustibles, mais le reste m'est tombé des mains. J'avoue n'avoir jamais lu du Marc Lévy par pur snobisme, histoire de me démarquer du consensus. Pire : je n'ai jamais lu Madame Bovary suite à un pari fait avec moi-même, voulant prouver qu'on pouvait devenir prof de lettres sans jamais avoir lu ce chef-d'oeuvre. Ce en quoi je me prive d'un vrai plaisir ayant adoré tous les autres livres de Flaubert, en particulier Salammbo et la Légende de Saint Julien l'Hospitalier. Mais je tiendrai parole et j'imagine souvent à quoi vont ressembler les huit premiers jours de ma retraite : enfin la lecture de Madame Bovary au coin de la cheminée.
Pourtant, il est important de temps en temps de lire un mauvais livre. Ce sont des purges nécessaires qui permettent de mieux apprécier les bons. Les brocantes sont riches de ces oubliés que l'on choisit au hasard sur la bonne foi d'un titre qui sonne bien, d'une phrase attrapée à la volée ou d'une couverture. On lui donne la chance d'une vie nouvelle mais dès les premières pages on comprend pourquoi le livre est tombé aux oubliettes. Montaigne évoque justement le cas de ce joueur de lyre qui s'efforçait d'aller écouter un mauvais musicien pour apprendre à "haïr les désaccords et fausses mesures" afin de mieux jouer lui-même. Mais laissons là les mauvais livres. Il y en en tant de bons que c'est perdre notre temps que d'en parler trop.

5 commentaires penchés:
Moi qui ne suis pas littéraire pour deux ronds, j'ai trouvé dans le roman noir quelques perles de lecture comme "la santé par les plantes" de francis Mizio ou la trilogie de Jean Claude Izzo : "total kheops" etc ... C'est vrai que c'était un temps ou I Am et Massilia sound system tournaient à fond dans mon mp3 ... Donc aussi une certaine image de Marseille vraie ou fausse ?
Tu as raison : j'avias aimé l'ambiance de Total Khéops! Moins la suite, dont j'ai oublié le titre.
Sinon l'image de Marseille me paraissait plutôt vraie.
IL y a d'heureuses exceptions ! Elles en sont d'autant plus appréciées! Je profite alors non seulement du "bon auteur", du "bon roman", mais aussi de l'attrait pour l'inhabituel, le rare, le nouveau et je me demande pourquoi je ne lis pas plus de policier ou autre ...
Mais, je n'arrive pas à me rappeler le titre du dernier policier lu!
Question: qu'espères-tu d'un bon livre ?
Ce que j'espère? Un peu de sel, zucchero!
Evidemment, c'est leur haute teneur en sel qui conserve les bons livres !!! c'est connu :))
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